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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 22:34

     Accompagner un important don de quelque 700 livres (plus de 600 issus des collections de la bibliothèque de Toulouse, complétés par des ouvrages neufs offerts par Unisahel)   était l’un des objectifs de la mission UNISAHEL au Burkina Faso. Ce don était destiné à l’ASECD  (Association de Soutien aux Enfants en Circonstances Difficiles), partenaire dont UNISAHEL soutient les actions sur le terrain depuis de nombreuses années.

vue ASECD     Deux journées ont été consacrées au tri et à la mise en place des ouvrages, en présence et avec l’aide de la jeune femme chargée de la bibliothèque. Bien située au cœur d’un des bâtiments de l’association, attenante à la grande salle d’animation polyvalente, la petite bibliothèque d’une vingtaine de m2 était encombrée de cartons de livres non ouverts, et les étagères présentaient des ouvrages de toutes sortes qu’il convenait de trier.    

      Pour y voir plus Danseclair, nous avons  tout d’abord  procédé à une mise au « pilon », c’est-à-dire que nous avons jeté un certain nombre de documents très dégradés, anciens dons, peu dignes de figurer dans une bibliothèque qui se veut attractive. Puis nous avons mis de côté les livres pour adultes (ensemble assez hétéroclite de classiques de la littérature française et  de romans  ou essais un peu anciens), inutiles pour le jeune public à qui est destinée cette bibliothèque. Ces ouvrages ont par la suite été proposés aux personnes qui étaient intéressées.

bac              Concernant le mobilier, une étagère supplémentaire, ainsi que deux bacs à albums avaient été installés.  Nous avons donc pu sortir les ouvrages de la quinzaine de cartons, arrivés à la fin de l’année à Ouagadougou, après un long périple depuis Toulouse via Vernon et Le Havre, par camion et conteneur…

     Ouvrir des cartons, quand ils recèlent de beaux livres, très illustrés, en excellent état, a quelque chose de jubilatoire ! C’est donc avec une certaine euphorie que nous avons effectué le tri des livres, première approche de l’organisation cohérente d’une collection : livres d’images, albums de tout format, textes  et  contes  illustrés, petits romans, documentaires furent ainsi regroupés par genres.

 bacs à albums

       Comme les ouvrages du don de Toulouse étaient déjà étiquetés  avec des cotes, ce fut l’occasion d’appréhender concrètement des notions de classification, ordre alphabétique par auteurs pour la fiction, classification Dewey par grandes disciplines pour les documentaires.
Cette bibliothèque étant avant tout destinée aux enfants depuis les classes maternelles,

         Albums la part des albums était prédominante (environ 1/3 des livres, soit quelque 240 titres). Pour les installer dans les bacs, il a fallu en rehausser les fonds (trop profonds pour les petits formats), et, sur une idée de la bibliothécaire, nous les avons garnis de tissus colorés, ce qui a permis, avec les couvertures des albums mises en évidence, une présentation attractive et gaie.

     Les autres ouvrages ont été répartis dans les rayonnages, par catégorie, complétant les livres déjà  présents. Une étagère a été réservée pour présenter une sélection de livres, en l’occurrence un bel ensemble d'histoires et dee contes illustrés africains.

      Le choix très pertinent effectué en amont par les bibliothécaires de Toulouse, notamment d’albums et de contes, complétés par quelques beaux documentaires sur l’Afrique, calibré pour le jeune public à qui il était destiné, plaide en faveur de dons de livres de qualité, en excellent état, bien ciblés pour un public donné et identifié.

         A contrario, sont à proscrire les dons de documents tout-venant, hétéroclites, matériel-lement dégradés, intellectuellement dépassés, sans public cible précis, qui encombrent malheureusement encore trop de bibliothèques africaines. Comme tout lecteur, le public africain a les mêmes aspirations de renouvellement, d’actualité et de qualité vis-à-vis des collections qui lui sont proposées.

 

        L’apport des livres donnés à la bibliothèque de l’ASECD devrait permettre aux enfants d’en découvrir toutes les richesses, de prendre le goût de les explorer, grâce aux animations et aux lectures qui sont mises en œuvre pour éveiller leur curiosité, leur sensibilité, leur imaginaire, et les motiver pour leur futur apprentissage de la lecture. C’est du moins le vœu que nous formulons et que nous avons partagé avec les acteurs de terrain, qui œuvrent depuis longtemps en faveur de la culture et l’éducation des enfants défavorisés de la périphérie de Ouagadougou.

Madeleine Avrain

Anne Marinet-Redaud

 

Retour de mission au Burkina Faso

 

 

Enfants à la bibliothèque

 

 

 

  

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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 18:24

fillettes

La prochaine mission d’UNISAHEL aura lieu en janvier 2014, pour l’essentiel en soutien aux maisons des jeunes de l’ASECD et de la MJCA. Elle sera axée sur  le travail d’animation autour du livre et l’utilisation des documents de la bibliothèque.

En effet ces deux associations qui œuvrent dans des zones très pauvres à la périphérie de Ouagadougou,  touchent chacune plus de mille enfants. Elles ont entrepris un considérable travail social, éducatif et culturel. Et notamment de soutien scolaire, dans un contexte où la scolarisation rencontre de multiples difficultés : l’enseignement se déroule en français, langue que les familles ne pratiquent pas, ignorent même parfois ; dans des classes aux effectifs pléthoriques (une centaine d’élèves) les maîtres valorisent l’apprentissage par cœur des notions de base que les enfants ne comprennent pas toujours ;  les enfants s’expriment peu et la plupart restent passifs.

Une bibliothèque est une ressource importante pour faire bouger les choses ! 

LectriceNotre premier travail, avec les responsables des bibliothèques, sera de trier et d’organiser la collection de livres pour en faciliter l’accès. Nous essaierons ensuite de mobiliser les différents  acteurs concernés (bibliothécaires, mais aussi enseignants de maternelle, du soutien scolaire et des études surveillées, et aussi éducateurs et animateurs des activités de loisir). Nous  réfléchirons ensemble aux méthodes pédagogiques actives à explorer pour utiliser la documentation,  former les enfants et adolescents à la recherche d’informations,  privilégier l’observation et la réflexion autour des documents. Nous prévoyons des séances d’animation avec les enfants par petits groupes. Il s’agira de les faire participer : jeux thématiques, manipulations de documents pour examiner leur forme, d’analyser leur contenu (textes, illustrations). Il est important de leur donner envie d’accéder par eux-mêmes à l’information. Mais il est tout aussi  important de susciter leur curiosité,  d’éveiller leur imaginaire, de leur faire découvrir une source d’évasion et de plaisir.Lecture

 

En 2011, un important don d’ouvrages  de la bibliothèque municipale de Rouen a été attribué à la MJCA. En 2013 c’est l’ASECD, qui bénéficie d’un don de la bibliothèque municipale de Toulouse.

Mais nous avons aussi acquis et envoyé de nombreux ouvrages d’auteurs africains ou publié par des éditeurs africains, voire des documentaires sur le continent africain et ses richesses.

Pour la préparation de ces journées, différents contacts ont été pris. Nous comptons sur l’appui des responsables de l’ASECD et de la MJCA ainsi que sur la  participation effective des enseignants et animateurs concernés,  pour mener à bien cette mission.

Elle sera également l’occasion de rendre visite à quelques uns de nos autres partenaires et de conforter les liens que nous entretenons avec eux.

       

Madeleine Avrain et Anne Marinet-Redaud    

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 16:13

 

Aujourd’hui nous accompagnons Nadia qui part 1259 EDR Modelagetravailler avec les enfants des rues (ou EDR), action organisée par l'ASECD. Nous rencontrons Cyril et Ismaël, avec lesquels Nadia avait fait la maraude la veille. Le but de ces maraudes - qui ont lieu tous les soirs entre 21 heures et 23 heures - est de voir ce que deviennent les enfants des rues, de bavarder avec eux et, si nécessaire, de leur prodiguer quelques soins infirmiers. Un animateur accompagné d’un infirmier, chacun sur sa moto, circulent ainsi en ville, là où ils savent que les enfants vont passer la nuit.

Ce matin dès 9 heures, au foyer d’accueil, 6 ou 7 enfants sont présents ; ils ont entre 12 et 16 ans et jouent aux cartes. Nous leur proposons de jouer avec eux, mais nous ne comprenons pas leur jeu. Alors nous leur expliquons un autre jeu, la bataille. D'autres adolescents arrivent un peu plus tard. Ils ont déjà travaillé un peu pour se faire les quelques francs  qui assureront leur repas du soir.

Il faut observer ces enfants : une heure occupée requière une attention intense, puis ils se fatiguent. D’où l’utilité de changer d'activité. Nadia leur propose ce matin de manipuler la pâte à modeler. Ils ne connaissent pas ce matériau et posent des questions. Très intéressés, ils se mettent au travail. Certains font preuve d'imagination. Mais nous voyons très vite qu'il faut passer à autre chose : Cyril propose une discussion entre eux et nous. Intéressant d'écouter leurs désirs et leurs questions. Certains bricolent déjà chez des artisans : soudure ou menuiserie et espèrent en faire leur travail. D’autres rêvent d’aller en France. A notre question : « Pourquoi ? » Ils répondent « Parce que c’est beau ! » 

 

1133 EDR Cartes

Le centre reçoit environ 60 jeunes par semaine, à raison de 12 à 15 par jour. N’étant pas scolarisés, ils sont très nombreux à ne pas parler le français ; c'est pourquoi des cours  de rattrapage et d’alphabétisations sont organisés ; ainsi que l’apprentissage de  quelques notions d’hygiène et de premiers soins. Les activités  récréatives  ne sont pas négligées, jeux, danses. A midi, un repas leur est distribué, un moment très apprécié ! Plusieurs vont nous proposer de goûter au plat de riz.

 Tous ils doivent se plier à certaines règles et participer à des taches bien définies : nettoyer les locaux, laver leur linge, se doucher. Tout est organisé avec l’objectif  de les socialiser. Une fois cette première étape franchie, les éducateurs pourront étudier avec eux un projet de réinsertion ; en leur compagnie, ils rendront visite à des artisans. Quelques adolescents sont aptes à entrer en apprentissage, voire à réussi une formation professionnelle : ils échapperont à la mendicité et aux petits boulots car ils auront un débouché dans un travail reconnu, qualifié.

L'association essaye aussi de maintenir le lien avec les familles et, quand cela paraît souhaitable de réinsérer ces jeunes adolescents dans leur village d’origine. Ce qui ne  semble pas toujours évident, les difficultés venant surtout des parents en grandes souffrances financières : les ainés d’une nombreuse fratrie doivent se débrouiller.

Pourtant les animateurs sont contents des résultats déjà obtenus - et gardent confiance…

Serge et Michelle Levée

 

 



par UNISAHEL

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 16:44


 

     L’AMURT a pu, grâce au financement que nous lui avons fait parvenir, se doter d’une Toyota Hi-lux, l’indispensable 4x4 pour se rendre et se déplacer dans la province du Sahel, à l’extrême nord du Burkina Faso, là où il faut parcourir des pistes chaotiques, voire inexistantes, pour rejoindre les différents villages peuls ou bellas soutenus.                          Le responsable nous écrit : « je reviens juHilux AMURTste d’une visite à Déou. Ce fut le premier voyage avec la nouvelle voiture. Un nouveau monde ! Plus de casse, plus de secousses à vous déboiter le dos et un trajet en toute sécurité ! ». Et un fixe-au-toit lourdement chargé : tout le matériel nécessaire aux clôtures des nouveaux périmètres agricoles.


La Yoyota Hilux

 

      L’AMURT est la seule association à intervenir dans cette région. Pour son travail en faveur des femmes enceintes et des jeunes mères, elle a reçu de chaleureuses félicitations des autorités locales de santé : dans les 33 villages où elle intervient (population de près de 30 000 habitants), 100% des femmes enceintes avaient bénéficié des consultations prénatales.


Charrette-ambulance malade 

     Et si une charette tirée par un âne reste généralement le seul moyen de transport à la disposition des parturientes pour se rendre dans un centre de santé, le niveau sanitaire des villagesois progresse.

     En effet l’AMURT assure la formation des  « accompagnatrices villageoises » et organiscamp sanitairee des camps médicaux où les villageois viennent consulter et reçevoir des soins et des conseils appropriés. Le dernier, organisé grâce à la presence d’une infirmière canadienne a reçu près de 700 malades dans des zones qui ne sont pas couvertes par les services de santé Burkinabé.  Ce  programme se reproduit chaque année.

       

   L’AMURT suit aussi le développement d’une agriculture locale et a rénové le  Bouli (mare de retenue des eaux de pluie) de Déhou.

Le responsable nous écrit  " Nous avons déblayé plus de 5000 m3 de terre et un potentiel de 14000 m3 d'eau à stocker est là. Les jardins commenceront dès le début de la saison de pluies."


 

merci Unisahel

 

   

Signalons qu’UNISAHEL a bénéficié, pour le financement du 4x4, d’une contribution d’ « Échanges et Partage » (l’association de solidarité des salariés et des retraités du groupe Société Générale) - à hauteur de 5000 €.

 

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 19:00

 

   Très attristées de la disparition d’Albert Kaboré, en juin 2009, les personnes en situation de handicap de Koupéla souhaitaient retrouver une activité professionnelle, leur permettant de vivre et de faire vivre leur famille. Leur situation était délicate et UNISAHEL a eu la chance de trouver en la personne d’Appolinaire Yougbaré, quelqu’un qui pouvait les soutenir et gérer les dons que l’association pouvait mettre à leur disposition. Un nouveau groupement d’artisans s’est créé sous le nom de « Wend-Yam ».

 

 

    Lors de notre mission, en juillet 2011, nous l’avons rencontré. Dans leur atelier situé un peu à l’écart de la grande route, sont installés sept métiers à tisser en état de marche, des pièces de tissage sont en cours de fabrication, pagnes principalement. Une partie de l’atelier est réservée  au travail du cuir, les pièces sont assemblées à la main, ou à la machine selon les modèles (trousses d’écolier, sacs, pouf…).  En dehors de quelques commandes directes faites par des particuliers, les différents articles approvisionnent les marchés alentours.

Teinture

 

    UNISAHEL a estimé opportun d’envoyer, un artisan à Koupéla  pour les accompagner dans leur restructuration, échanger sur les pratiques et la gestion, adapter certains produits à la clientèle européenne et augmenter ainsi leur capacité à générer des revenus. Un accord est conclu avec « Artisans du Monde » et Pascaline, artisan elle-même, gérante du magasin de Versailles, accepte de partir en mission, pour une quinzaine de jours. Rendue à pied d’œuvre, elle renoncera et mettra fin à son séjour - pour raison de santé. Climat et conditions de vie peuvent parfois mettre notre organisme à rude épreuve et ce fut le cas. Il est très regrettable que cette mission n’ait pas pu se faire. Cependant, contact a été pris et nous espérons des échanges à venir pour le passage de commandes par les boutiques du  réseau « Artisans du Monde » Ile-de-France. Malgré cette déception, nous constatons que les artisans ont retrouvé le sourire et le « cœur à l’ouvrage ».  Interrogés sur les apports que nous pourrions leur procurer leur réponse a été claire : « nous aider à trouver de nouveaux marchés ».

 

    La section de rééducation fonctionnelle qui comprend la kinésithérapeute et l’appareilleur de prothèses, continuent à dispenser soins et savoir faire afin de soulager les plus démunis. La kiné a investi dans un hangar que nous avons visité et l’appareilleur dans du petit matériel pour réaliser les prothèses. Quant aux anciens vendeurs en pharmacie communautaire,  ils ne peuvent plus exercer ce commerce, qui répond désormais  à de nouvelles normes d’exploitation. Nous les incitons à se regrouper et ils sont actuellement en démarches pour créer leur propre association et ouvrir un commerce de détail pour les fournitures de couture. Ce commerce pourrait trouver place dans la boutique actuellement louée au centre ville par l’association Wend-Yam. Le partage du loyer serait une bonne chose et l’ouverture quasi permanente de la boutique permettrait également la vente des produits de l’artisanat. 

    La situation des artisans de Koupéla s’est redressée grâce à la ténacité des personnes en charge de ce dossier, mais aussi par du financement pour la remise en état des métiers à tisser, l’achat d’outils et de fournitures, l’aide aux soins de santé, etc. Apport financier qu’UNISAHEL verse au fur et à mesure des besoins. Une nouvelle affectation du véhicule Partner, un temps mis à leur disposition, a permis de dégager les fonds nécessaires à ce nouveau départ. Nous espérons que les personnes, qui se sont regroupées autour d’un projet qu’il soit  social, artisanal ou commercial, parviendront, une fois ce soutien financier épuisé, à trouver un équilibre leur permettant une autonomie de gestion 

 

    Citons pour les remercier les principaux intervenants qui ont œuvré, depuis deux ans, pour le rétablissement des  activités au profit des artisans de Koupéla. Grâce à  leurs actions et à leur soutien, la confiance et l’espoir ont  désormais pris le pas sur les difficultés passées :

Elise Beurel, étudiante, qui a effectué un important travail de mise en relations ;

Appolinaire Yougbaré, conseiller pédagogique, médiateur ;

Jean-Baptiste Konkobo, secrétaire général du Lycée Saint Philippe de Koupéla, conseiller.

Madeleine Avrain

 

 

sac fauve- copiesacs

 

 

 

 

 

 

  pouf

 

Pouf

 

 

nappes

Nappes

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 21:01

 ambulance Beleko

 

 

   En mai dernier, les recommandations du  gouvernement français relativement aux voyages vers le Mali étaient toujours  très négatives. Ceci nous a amené à choisir l’option de faire acheter sur place l’ambulance destinée au Centre de Santé Communautaire (CSCOM) de Beleko (région de Ségou). Notre Lettre d’Octobre 2010  rappelait l’enjeu vital des évacuations sanitaires en particulier pour les naissances à risque, liées au faible suivi prénatal.

   L’équipe de Beleko a donc sélectionné et acheté à Bamako un solide Toyota LJ65 Landcruiser d’occasion, qui a reçu un équipement médical de fabrication locale : civière, siège accompagnateur… Un chauffeur vacataire a été recruté par le CSCOM, et un barème d’intervention a été mis au point, en prenant en compte des provisions financières réalistes pour l’entretien du véhicule. Rappelons que les évacuations des femmes en couche sont prises en charge par le gouvernement au titre d’un programme national de lutte contre la mortalité maternelle et infantile.

   Notre prochaine mission vers le Mali n’étant pas programmée à court terme, UNISAHEL n’a évidemment pas souhaité une remise officielle qui aurait retardé la mise à disposition de la population de cette ambulance. Elle est donc en service depuis le mois de juillet.

 

Juste à temps

   La desserte du secteur de Beleko était jusqu’ici assurée par l’ambulance de l’hôpital de référence de Fana, distant de 75 km  Cette ambulance qui desservait aussi tous les secteurs environnant Fana vient justement de tomber en panne. Il a été nécessaire de commander une pièce à l’étranger pour la réparation, causant une immobilisation du véhicule pendant plusieurs semaines. C’est donc la nouvelle ambulance de Beleko qui a desservi toute la zone de Fana pendant cette période. Sans cette disponibilité, la capacité d’évacuation sanitaire dans cette région aurait été très compromise. Ceci illustre bien la précarité qui continue à prévaloir dans ce pays comme dans d’autres pour la santé et de la vie de beaucoup de personnes vulnérables, en particulier les femmes et les jeunes enfants.

                                                                                                Bernard Ollion 


 

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 17:27

 

    Le Centre Saint Philippe gère, outre le lycée de Koupéla, le collège agricole de Lioulgou qui assure également une formation des adultes et soutient des associations rurales de développement économique. Le Nissan 4X 4 que nous lui avons remis répond à ces différents besoins : il a parcouru 40 000 kms entre février et décembre 2010 !


Le collège agricole de Lioulgou 

 

4-4x4 Lioulgou

   Il y a un an nous visitions ce collège agricole qui se trouve à une quinzaine de km au sud de Koupéla et recrute ses élèves dans la campagne environnante. Les trajets effectués par ces élèves sont souvent importants, mais un petit internat a été ouvert pour les jeunes filles. L’établissement qui assure un enseignement général dispense aussi un enseignement pratique et expérimente des techniques de culture aussi bien que d’élevage : vaches à bosse, porcs, qui bénéficient d’une porcherie et une étable confortables. Dans la cour des plantations de jeunes arbres, pas de céréales, car nous sommes en saison sèche. Au cours d’un bref échange avec les parents qui construisaient un préau pour les élèves, nous percevons leur fierté d’un engagement au bénéfice de l’établissement, convaincus qu’ils sont des bienfaits de « l’école » pour leurs enfants.


Les groupements féminins

     Nous partons ensuite sur les pistes pour gagner quelques villages dispersés, afin d’y découvrir les activités des femmes, que soutient le Groupe Saint Philippe. Une formation est organisée et touche une population de 400 à 500 femmes. Par ailleurs des associations fonctionnent grâce à l’aide de micro-crédits, attribués pour une durée de 6 mois au taux de 5 %. Ils permettent, à un groupe d’environ 24 femmes, de démarrer une nouvelle activité lucrative (« génératriceLioulgou Couture de revenus », selon la terminologie burkinabé) ou d’en renforcer une déjà plus ancienne. Il existe actuellement huit associations, chacune a désigné une présidente, et nous rencontrons Félicité, la présidente de l’ensemble des huit groupements, qui nous a préparé une petite collation.  Accueil très chaleureux même si les échanges sont entravés par la barrière de la langue (elle parle mooré) !

    Chaque groupement développe une activité ou un service au bénéfice de la collectivité. Nous admirons la diversité de leurs entreprises : tissage, couture, savonnerie, culture et vente du mil et de l’arachide, production de dolo (bière traditionnelle fabriquée à partir du mil ou du sorgho), fabrication du beurre de Karité, maintenance et mise à disposition d’un moulin où chacun peut venir moudre ses céréales.      

   Très répandues dans le pays, ces structures associatives procurent aux familles des moyens de subsistance et renforcent la cohésion sociale au sein des villages.

  Madeleine Avrain  


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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 12:32

San Caritas

Programme d'action de Caritas 

    Au Mali en janvier 2010, notre passage à San et à Tominian, sur la route pour Dobwo, nous a donné l’occasion de faire le point avec les responsables de cet organisme sur son activité sociale au bénéfice de la population (770 000  habitants) du diocèse. Caritas San avait bénéficié en 2006 de l’apport d’un véhicule par UNISAHEL  pour la coordination de ses activités, véhicule que nous avons trouvé en bon état et abondamment utilisé (amortisseurs fatigués !). 

    Amede Kamate, responsable  des programmes, et Noe Dabou, responsable Gestion des Ressources Naturelles et Agriculture Durable, nous font un exposé détaillé du programme d’actions. Ce qui suit est un extrait sélectif des exposés entendus lors de notre rencontre.

Appuyer les initiatives locales                         

San femme

    Il est significatif que le programme d’action de Caritas San soit intitulé PAILDS  (programme d’Appui aux Initiatives Locales de Développement Durable dans le diocèse de San).  Il s’agit bien d’appuyer des initiatives venues de la population, en particulier au travers des organisations paysannes.

   Parmi elles, la présentation de Caritas identifie en particulier : 

  •  La Fédération des Unions des Associations Paysannes pour une Agriculture Durable (FUAPAD) avec plus de 10 000 membres actifs, 101 APAD légalisées et 5 UAPAD légalisées) ;
  •  L’Association SENIWE NAVIN qui regroupe 40 Caisses Villageoises d’Epargne et de Crédit Autogérées (CVECA) ;
  •  Trente Organisation paysannes féminines et mixtes menant des Activités Génératrices de Revenus (AGR).

 

 

Renforcer les capacités des acteurs

    Une des limites à cette volonté d’appuyer et parfois de susciter les initiatives locales est le manque de formation des paysans pour créer et pour faire fonctionner les diverses associations nécessaires, pour gérer l’épargne et le crédit, pour développer des activités ou filières génératrices de revenus, échanger les informations,etc..

     C’est la raison pour laquelle un des 3 axes d’action de Caritas est intitulé RCA (Renforcement des Capacités des Acteurs). Parmi les composantes de cet axe, on trouve :

  • des formations (alphabétisation, formations techniques ou spécifiques)

    San enfants

  • des appuis directs à la formalisation d’organisation (statuts, fonctionnement, représentation)

  • la création de cadres d’échanges de connaissances (visites croisées de paysans ou de structures, colloques thématiques,…)

 

Et nous ?

    Notre rencontre est l’occasion de réfléchir nous, ONG du Nord,  à la nécessité de s’appuyer sur les organisations existantes et sur leurs projets, de  renforcer les compétences, d’offrir et utiliser toutes les occasions de partager l’expertise de chacun.

Bernard Ollion

 

(clichés M.Avrain)

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 12:00

 

      La renommée de la ferme pilote de Guié commence à s’étendre dans toute la région Centre du Burkina et à faire des émules !

        Ainsi, à quelques  kilomètres au sud d’Ouahigouya, nous avons visité, 26 Janvier  2010, la ferme créée il y a deux ans pour répondre à la demande d’un groupe de villageois de la région de Filly,  qui avait été informés des résultats probants obtenus à la ferme pilote de Guié et avaient demandé à ce qu’on les aide à tenter ce renouveau des pratiques paysannes.

    Pamoussa Sawadogo, né à Guié, qui a passé toute saTravaux à Filly jeunesse dans l’atmosphère et les méthodes de la ferme pilote et qui est donc convaincu du  bien fondé des principes fondamentaux mis en pratique, se lance à son tour dans l’entreprise, avec sa jeune femme. Il ajoute, à ses connaissances pratiques, des études de Pharmacie et de Biologie et, bien sûr, toute sa foi et son jeune enthousiasme.

    Trois cases ont été construites : une pour la famille de Pamoussa et deux pour des personnes de passage, ainsi qu’un hangar pour le bureau administratif et l’entreposage du matériel.

    Au plan organisation, le domaine de Filly regroupe les paysans de dix villages voisins dans une Association (Wemanegre), et un des leurs les représente dans les instances responsables. Cette association fait vivre près de 80 familles. Actuellement 23 ha de terres cultivables sont exploitées, 86 ha supplémentaires sont d’ores et déjà prévus. Des parcelles de même taille sont délimitées par des clôtures et des haies, les protégeant du vent et du soleil (du type bocage). Une pépinière procure les jeunes pousses utilisées pour l’édification de ces haies.  La rotation des cultures est pratiquée : ainsi après le sorgho, le mil et le maïs, deux années de jachère sont observées.

    Nous avons tous été impressionnés par le haut degré de maitrise de la gestion de l’eau :

- qu’elle soit en manque pendant la saison sèche : chaque arbre majeur aura été planté dans un trou de 6m de profondeur et 0,90 m de diamètre, garantie d’un développement 

régulier, mais effort considérable si ce trou est, comme nous l’avons vu, percé dans de la latérite. .. !

- qu’elle soit en excès en période de pluie et que l’inondation menace les cultures. Après une analyse fine du terrain et des besoins en eau, la mise en place de digues, plus ou moins filtrantes et de fossés, permet de réguler le débit, de stocker l’excédent ou dévoyer le trop plein vers des zones plus lointaines et/ou moins arrosées.

 

    Tout cet énorme travail d’aménagement du sol a montré, de façon éclatante, sur une parcelle expérimentale que l’on pouvait maintenir une culture toute l’année et notamment pendant la période sèche. Ce résultat immédiatement visible a été déterminant pour convaincre les villages voisins et les rallier à l’Association.

 

    La force de conviction et l’énergie de Pamoussa Sawadogo sont étonnantes et les premiers résultats obtenus sur le terrain laissent penser qu’il est sur le bon chemin ; d’ailleurs, nous avons entendu parler  d’une autre expérience de ce type de ferme pilote à Goema, dans l’ouest du Burkina. La ferme pilote de Guié étend son influence, et fait reverdir le Sahel !


Travaux à Filly
par UNISAHEL

 

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