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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 23:14

 

moulin---copie.jpg

       En avril dernier nous vous présentions le Moringa, une plante médicinale - et le travail d'un groupement de femmes Peuhls du village de Bissiri, qui le cultivent et le traitent. Toutes les tâches étaient accomplies manuellement.

      Et nous concluions notre présentation par ces mots "Sollicité pour l’acquisition d’un moulin broyeur électrique, alimenté par des panneaux solaires, ou à défaut par un générateur à  essence, UNISAHEL s’est engagé à financer cet outil de travail."  

     UNISAHEL a honoré cet engagement : les panneaux solaires sont installés, et après quelques tatonnements le moulin tourne, le travail des femmes a changé de nature - et d'ambition commerciale !

     

moringa 1

          La récolte,  puis  l'effeuillage s'effectuent dans la joie. Les jeunes enfants qui partagent ce moment avec leurs mères, ne sont pas encore conscients qu'ils seront les premiers bénéficiaires de ce travail - tant grâce au complément alimentaire produit qu'aux ressources tirées de sa vente.

      

      Le groupement de femmes est constituée de plus de 30 personnes, mais elles ne travaillent pas toujours ensemble, elles sont en roulement, en général une dizaine par session. Le groupement est payé 100 fcfa par kg de feuille (fraîches) transformée. En général on transforme 150 kg par session (et cela prend une bonne demi journée), le groupement gagne alors 15 000 CFA, c'est une bon apport pour elles. Elles bénéficient aussi d'un repas à midi.


Commercialisation

          Jusqu'à présent, l’AMURT n’a fait  des ventes que de manière informelle. Elle profite de voyages d'amis pour emmener la poudre de Moringa ou les infusions de la coopérative agricole. Maintenant que la production est plus conséquente et que la demande se présente en Europe et ailleurs, elle est en train de mettre en place un système d'exportation. Il faut des certifications àfficiellesdes autorités sanitaires, il faut la qualité, la quantité et la régularité... Cela vient, doucement mais sûrement.
            Une partie de la production est directement utilisée pour lutter localement contre la malnutrition – et le restera !

moringa 2-1

 

 

  mor. conditionnement-copie-1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Amurt : <amurtbf@gmail.com>

 

mor. emballage

 

   

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 17:45

Place de la nation, la marée humaine

Place de la nation, la marée humaine
 

 

 

 Message envoyé le 3 novembre, au nom d’UNISAHEL, à ses partenaires du Burkina :

« Nous suivons ici avec la plus grande attention, les évènements graves et historiques qui secouent depuis plusieurs jours votre pays. La situation s'est semble-t-il apaisée. Nous pensons fortement à vous tous, et espérons  une  transition pacifique en attendant un dénouement politique satisfaisant. Nous vous transmettons, ainsi qu'à vos familles, vos amis et connaissances, notre soutien amical. »

Voici quelques uns des messages reçus en retour :

 

Un soulèvement populaire


Salia :

Comme vous le savez tous, chez nous au Burkina Faso et après 27 ans au pouvoir, Blaise Compaoré l'ex Président a voulu modifier la constitution pour encore rester éternellement au pouvoir.

Suite à cela il y a eu un grand soulèvement populaire le 28, 29, 30 et 31 Octobre 2014 qui a contribué à chassé l'ex président Blaise Compaoré du pouvoir.  Le 30 Octobre, jour où les Députés devaient voter la modification, le Peuple a dit NON et a saccagé et incendié l'immeuble de l'Assemblé Nationale et le grand Hôtel de Ouagadougou (Azalaï Hôtel, ex Hôtel Indépendance), ainsi que plusieurs domiciles des députés qui ont soutenu l'ex-président pour une modification de la constitution.

Il faut noter que pour les domiciles des députés saccagés et incendiés, cela s'est passé pratiquement dans les 4 grandes villes du Burkina à savoir Ouagadougou, Bobo Dioulasso, Koudougou et Ouahigouya. A travers ce soulèvement populaire, plus de 30 personnes sont mortes suite à des balles et autres circonstances (gaz lacrymogène, incendie...) et il y a eu plus de 500 blessés.

Augustin :

Oui nous avons fait la une de l'actualité mondiale ces jours-ci avec beaucoup de fierté. Nous sommes contents que cela se soit réglé de cette façon, mais nous avons redouté le pire. OrangesChacun avait secrètement prié et fait des provisions (ceux qui le pouvaient) pour ce que l'on voyait venir... Mais nous espérions tout de même un ultime recul à la dernière minute de Blaise Compaoré.

Nous déplorons les dégâts humains et matériels mais sommes conscients que le tribut aurait pu être plus élevé. Nous prions maintenant pour que qu'une entente permette le démarrage de la transition qui débouchera sur des élections libres, transparentes et justes. Au passage cet article 37 de la constitution sera désormais scellé dans le marbre : 2 mandats maximum et on dégage !

Yasmina :

J’y ai participé à ma mesure. Avec une partie de l'équipe de la MJCA, (à titre privé bien entendu).

Heureuse d'avoir pu partager ces moments avec la jeunesse burkinabè, tout comme avec nos papas

Adolescente

et nos mamans : depuis le mardi, 28 octobre, on y était ! Je n'aurais pas pu être ailleurs. J'ai pu soutenir et encourager... Pour moi, ça avait du sens, c'était une nécessité. Ce sont nos enfants qui ont marché !

Il s'est vraiment passé quelque chose avec tous ces jeunes...

 

Un grand espoir ...

Augustin :

Pour ma part j'ai vécu les événements dans mon quartier lointain où les manifestants sont quand même venus incendier deux domiciles de maires, heureusement sans conséquences pour les voisins que nous sommes. Nous avons repris le travail mardi après une semaine de vacances forcées. Ouaga est redevenue calme comme si de rien n'avait été.

Jean-Baptiste : 

Les choses commencent à se calmer... Si nous sommes dans la joie de nous débarrasser de notre  « roi », il n'est pas évident que la situation se décante vite... Nous avons repris nos activités depuis lundi 3 novembre. Et on a grand espoir pour la suite.

Pierre :

Oui effectivement ça a chauffé un peu ici la semaine dernière, Maintenant c'est le retour au calme. On est très content que Blaise se soit résigné... Il a fallu un peu de violence mais pas trop. L'équipe d'AMURT n'a souffert d'aucun problème durant cette période. Donc pas de soucis. Merci de vous en préoccuper.

Yasmina :

Aujourd'hui lundi 3 novembre, la vie a repris comme si de rien ne s'était passé. La ville a été nettoyée dès samedi après 4 journées de mobilisation sans précédent. Toutes les questions sont loin d'être réglées mais la vie a repris...

Des questions sérieuses dès demain, après demain, dans les semaines, les mois qui viennent. Mais aujourd'hui, un moment historique obtenu en quelques jours seulement. Que la paix et la sécurité reviennent, que les nouveaux dirigeants assument leurs responsabilités.

Merci pour vos pensées amicales.

 

baobab

  

 

 

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 10:45

 

Herboristerie

       Après une animation autour du livre et des bibliothèques à Ouagadougou, c’est auprès de l’AMURT, association  qui œuvre dans les domaines sanitaire et éducatif,  que nous poursuivons notre mission. Nous nous rendons avec Pierre Charron, son responsable, dans le petit village de Bissiri, commune de Kombissiri à une soixantaine de kilomètres au sud de Ouaga. Aidée par UNISAHEL en 2012 pour l’acquisition d’un véhicule 4x4 Toyota Hilux, l’AMURT, est empêchée de se rendre dans le nord MoringaBurkina, zone frontière avec le Mali,  en raison des  conflits récurrents et de l’afflux des réfugiés.

            Mais l’association a pu développer au sein de son Centre agro-écologique de Bissiri, des activités de maraîchage et vient de se lancer dans la production de Moringa. Intégrée aux cultures maraichères d’un réseau de cultivateurs, la production du Moringa est une nouvelle source de revenue dans un milieu rural défavorisé, et contribue à l’effort de reboisement de cette zone aride

Le Moringa Oleifera est un arbuste dont les feuilles et les graines possèdent des propriétés nutritives (fer, vitamines A et C, calcium, potassium, protéines) comparables à celles de la Spiruline, mais qui a l’avantage d’être beaucoup plus facile à produire. Commercialisé sous forme de poudre, produite à partir des feuilles séchées, le Moringa est un complément alimentaire utilisé notamment pour lutter contre les carences nutritionnelles des jeunes enfants et l’anémie des femmes enceintes et allaitantes, mais aussi pour la santé de tous.

 

        Installé dans une vaste pièce ventilée, nous découvrons l’atelier de production du Moringa : y sont suspendues des claies pour le séchage des feuilles, première étape de leur  transformation. Ensuite, les différentes opérations de fabrication du produit, jusqu’à son conditionnement en vue de sa commercialisation.

        L’approvisionnement en feuilles se fait auprès d’un réseau de producteurs locaux, le domaine agro-écologique de Bissiri n’étant pas suffisamment important pour assurer une production suivie. Le prix du kilo de feuilles fraîches varie entre 150 et 250 F. CFA, (soit 0,23€ à 0,38€) en fonction des besoins en irrigation de la saison sèche, le coût étant moindre en saison des pluies.

 

Travail des femmes                          

         Le processus de fabrication pour l’obtention de la poudre est uniquement manuel et passe par les phases d’effeuillage, séchage, broyage, tamisage. Ce travail de transformation des feuilles est effectuée par un groupement de femmes Peulhs du village. Ensuite une partie de la production est directement utilisée pour lutter contre la malnutrition localement. Ce travail constitue aussi un liMoringa tamisen social pour ces femmes et leur procure de modestes revenus (100 F. CFA, soit 0,15€ par kilo de feuilles traitées.)

        Nous assistons au tamisage du Moringa, opération finale du processus de fabrication avant sa mise en sachets. Tiges, pétioles, nervures sont soigneusement éliminées après plusieurs passages au tamis, jusqu’à l’obtention d’une farine de couleur verte uniforme et parfaitement fluide, facile à mélanger aux boissons et aliments. Puis c’est la mise en sachets (plastique alimentaire)  et la pesée de chaque catégorie de sachet (50, 100, 250 et 500 grammes) à l’aide d’un repère sur la balance à aiguille. Pour cette ultime manipulation, nous percevons la difficulté qu’ont ces femmes, puisqu’en l’absence de scolarisation, elles ne savent ni lire ni écrire. Les deux dernières opérations consistent à fermer les sachets par thermo collage et à apposer les étiquettes. 

     Outre les aspects sanitaires (lutte contre la malnutrition)  et sociaux (source de revenus pour les femmes), la culture du Moringa Oleifera s’intègre très bien dans les cultures maPesée 2raîchères et contribue à la plantation en arbustes des parcelles, ce qui évite l’écoulement trop rapide des eaux à la saison des pluies. 

      À terme, L’AMURT espère faire homologuer, par les services sanitaires compétents, les propriétés médicinales de son produit. En attendant, il est actuellement vendu dans le réseau des CSPS[1] avec lesquels l’AMURT coopère, le prix de vente étant doublé pour les magasins, pharmacies et ventes extérieures.  Un fonctionnement en coopérative réunissant les acteurs locaux de la production, fabrication, jusqu’à la commercialisation des produits est envisagé dans le but de pérenniser cet Entreprenariat Social de Production Rurale Intégrée (ESPRI)  et de garantir à chacun, et notamment aux femmes peules que nous avons rencontrées, une source de revenus.  

 

Sollicité pour l’acquisition d’un moulin broyeur électrique, alimenté par des panneaux solaires, ou à défaut par un générateur à  essence, UNISAHEL s’est engagé à financer cet outil de travail.

 Retour de mission au Burkina, en  janvier 2014

Madeleine Avrain et Anne Redaud.

 

Sur la production de la poudre voir aussi :

Moringa : l'atelier de l'AMURT se modernise.



[1] Centre de Santé et de Promotion Sociale (CSPS)

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 22:34

     Accompagner un important don de quelque 700 livres (plus de 600 issus des collections de la bibliothèque de Toulouse, complétés par des ouvrages neufs offerts par Unisahel)   était l’un des objectifs de la mission UNISAHEL au Burkina Faso. Ce don était destiné à l’ASECD  (Association de Soutien aux Enfants en Circonstances Difficiles), partenaire dont UNISAHEL soutient les actions sur le terrain depuis de nombreuses années.

vue ASECD     Deux journées ont été consacrées au tri et à la mise en place des ouvrages, en présence et avec l’aide de la jeune femme chargée de la bibliothèque. Bien située au cœur d’un des bâtiments de l’association, attenante à la grande salle d’animation polyvalente, la petite bibliothèque d’une vingtaine de m2 était encombrée de cartons de livres non ouverts, et les étagères présentaient des ouvrages de toutes sortes qu’il convenait de trier.    

      Pour y voir plus Danseclair, nous avons  tout d’abord  procédé à une mise au « pilon », c’est-à-dire que nous avons jeté un certain nombre de documents très dégradés, anciens dons, peu dignes de figurer dans une bibliothèque qui se veut attractive. Puis nous avons mis de côté les livres pour adultes (ensemble assez hétéroclite de classiques de la littérature française et  de romans  ou essais un peu anciens), inutiles pour le jeune public à qui est destinée cette bibliothèque. Ces ouvrages ont par la suite été proposés aux personnes qui étaient intéressées.

bac              Concernant le mobilier, une étagère supplémentaire, ainsi que deux bacs à albums avaient été installés.  Nous avons donc pu sortir les ouvrages de la quinzaine de cartons, arrivés à la fin de l’année à Ouagadougou, après un long périple depuis Toulouse via Vernon et Le Havre, par camion et conteneur…

     Ouvrir des cartons, quand ils recèlent de beaux livres, très illustrés, en excellent état, a quelque chose de jubilatoire ! C’est donc avec une certaine euphorie que nous avons effectué le tri des livres, première approche de l’organisation cohérente d’une collection : livres d’images, albums de tout format, textes  et  contes  illustrés, petits romans, documentaires furent ainsi regroupés par genres.

 bacs à albums

       Comme les ouvrages du don de Toulouse étaient déjà étiquetés  avec des cotes, ce fut l’occasion d’appréhender concrètement des notions de classification, ordre alphabétique par auteurs pour la fiction, classification Dewey par grandes disciplines pour les documentaires.
Cette bibliothèque étant avant tout destinée aux enfants depuis les classes maternelles,

         Albums la part des albums était prédominante (environ 1/3 des livres, soit quelque 240 titres). Pour les installer dans les bacs, il a fallu en rehausser les fonds (trop profonds pour les petits formats), et, sur une idée de la bibliothécaire, nous les avons garnis de tissus colorés, ce qui a permis, avec les couvertures des albums mises en évidence, une présentation attractive et gaie.

     Les autres ouvrages ont été répartis dans les rayonnages, par catégorie, complétant les livres déjà  présents. Une étagère a été réservée pour présenter une sélection de livres, en l’occurrence un bel ensemble d'histoires et dee contes illustrés africains.

      Le choix très pertinent effectué en amont par les bibliothécaires de Toulouse, notamment d’albums et de contes, complétés par quelques beaux documentaires sur l’Afrique, calibré pour le jeune public à qui il était destiné, plaide en faveur de dons de livres de qualité, en excellent état, bien ciblés pour un public donné et identifié.

         A contrario, sont à proscrire les dons de documents tout-venant, hétéroclites, matériel-lement dégradés, intellectuellement dépassés, sans public cible précis, qui encombrent malheureusement encore trop de bibliothèques africaines. Comme tout lecteur, le public africain a les mêmes aspirations de renouvellement, d’actualité et de qualité vis-à-vis des collections qui lui sont proposées.

 

        L’apport des livres donnés à la bibliothèque de l’ASECD devrait permettre aux enfants d’en découvrir toutes les richesses, de prendre le goût de les explorer, grâce aux animations et aux lectures qui sont mises en œuvre pour éveiller leur curiosité, leur sensibilité, leur imaginaire, et les motiver pour leur futur apprentissage de la lecture. C’est du moins le vœu que nous formulons et que nous avons partagé avec les acteurs de terrain, qui œuvrent depuis longtemps en faveur de la culture et l’éducation des enfants défavorisés de la périphérie de Ouagadougou.

Madeleine Avrain

Anne Marinet-Redaud

 

Retour de mission au Burkina Faso

 

 

Enfants à la bibliothèque

 

 

 

  

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 22:38

 

Pour mieux gérer la nature ! 
     Au Burkina Faso, la scolarisation Primaire touche 90% des enfants des villes, mais elle atteint moins de 40 %  de ceux des campagnes. Et seulement 7% de ces jeunes ruraux bénéficient d’une formation Secondaire, 1% d’entre eux accèdent à l’Université, et rares sont parmi eux ceux qui ne s’installent pas en ville. Ce déficit de la scolarisation rurale a de graves conséquence : elle freine la nécessaire évolution des pratiques agricoles ; elle prive le monde paysan de leaders bien formés, futurss animateurs locaux et interlocuteurs compétents des autorités locales et régionales. Et pourtant comme aime à le répéter notre ami de la ferme pilote de Guié, « il faut changer les méthodes de gestion de la nature ».   

    Quand on sait que plus de 80 % des Burkinabès appartiennent à ce monde rural, quand on suit l’énorme pression exercé par certains pour s’approprier les terres agricoles du tiers monde, on mesure toute l’importance de la rénovation du système éducatif burkinabé – et de son extension dans le monde rural !

Au tableau

     Plusieurs partenaires d’UNISAHEL s’investissent dans cette éducation rurale. L’AZN à Guié a construit trois écoles primaires, a ouvert un collège à la rentrée 2010 et multiplie les actions de formation des adultes (alphabétisation en Mooré et Français notamment).

     C’est un effort de scolarisation analogue que poursuit dans la région de Koupela, le groupe Saint-Philippe, un autre ancien partenaire d’UNISAHEL. Une 504 bâchée lui a été fournie, en 1999, et a rendu et rend encore de grands services au Collège central de Koupéla, notamment à sa section de formation professionnelle en mécanique.

    Un second véhicule a été nécessaire, car ce groupement éducatif a ouvert un collège agricole dans le village de Lioulgou, situé à 25 km du centre ville. A la rentrée 2010, la classe la troisième a été mise en place, portant l’effectif de l’établissement à 200 élèves dont 55 % de filles – un choix préférentiel pour réparer tant soit peu l’injustice qui leur est faite (le monde rural compte plus de 85 % de femmes qui n’ont jamais fréquenté à l’école). L Les élèves viennent à pied ou à bicyclette, parfois d'une quinzaine de km.   L’Internat accueille ceux qui viennent de plus loin encore, de tout le centre-est du Burkina. La majorité de ces élèves sont issus du milieu paysan, donc très pauvres, voire totalement démunis.


  • Chiffres extraits d’un article d’O. Bouret consultable sur le site www.abcburkina.net
  • Pour plus de précisions consulter le site www.azn-guie-burkina.org
Jacqueline Gascuel

 

Dobwo potagerPotager

 
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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 21:33

Musiciens      De soi même

         Clément Marot

 

           Plus ne suis ce que j'ai été

           Et plus ne saurai jamais l'être

          Mon beau printemps et mon été

          Ont fait le saut par la fenêtre

 

   Jacques aimait ce poème... et c'est un peu le message nostalgique  qu'il nous laissait, lors de la dernière Assemblée Générale d'UNISAHEL, en mai dernier - au moment où il transmettait la présidence de l'Association à Pierre de Panafieu. Nous lui souhaitions une fin de vie paisible, et nous espérions profiter encore logntemps de sa très bonne connaissance de l'Afrique et des liens amicaux qu'il entretenait avec de nombreuses personnalités afticaines. Malheureusement la maladie en a décidé autrement et Jacques nous a quitté le 28 novembre dernier.

 

Avec Henri et Marthe Girard à  la ferme de Guié 

Jacques Guié

jacques + 1 (2)

 

 

      Et au Mali

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un peu d'histoire

    Hiver 1985-86, « 7 pour le Sahel », c’est un convoi de sept camionnettes chargées de matériel et destinées à des responsables d’actions de développement. Cette première mission montre tous les services que peut rendre une camionnette pour désenclaver un village, un centre agropastoral, une structure de santé ou de formation.

    Jacques et quelques amis décident alors de poursuivre cette action et de crér une Association : UNISAHEL (loi de 1901, statuts déposés en janvier 1987). Sous la présidence du professeur Boulard, de l'Académie de médecine, puis celle de Jean-Pierre Hammel, Jacques a exercé les fonctions de secrétaire général jusqu'en 2001. C'est à lui qu'incombent toute l'organisation des huit prem!ères missions d'UNISAHEL - et la recherche du mécènat indispensable (notamment celui de Peugeot, Michelin, Total). Des convois de 6 ou 7 véhicules, chargés de tonnes de matériel scolaire ou sanitaire et conduits par une douzaine de bénévoles, partent à chaque mission. Contenus et contenants sont offerts à des partenaires africains, dont Bernard Vasseur, notre trésorier, souligne la "foi contagieuse" en ces termes : "Nos amis d'Afrique... nous ont appris de bien belles leçons - et parmi celles-ci la foi dans leur avenir. Ils progressent dans la précarité de chaque action quotidienne, mais avec une vision claire des progrès accomplis et du but à atteindre."


Traversee-Niger.jpg


 

La chaîne de l'amitié


     À partir de 2001, Jacques prend la présidence de l'Association - et même s'il ne peut plus se rendre sur le terrain, il continue à souligner l'importance d'entretenir  des liens d'amitié avec les responsables des associations qu'UNISAHEL soutient . Soutien qui a permis à bien des structures locales de la zone Sahélienne de démarrer et de poursuivre ensuite une action de terrain efficace, et de n'avoir plus  besoin de nos interventions.  

Enfants 2   

Jacques aimait aussi croquer sur le vif les moments pittoresques des voyages, comme ces "bâchées" traversant le Niger, ou les scènes de la vie quotidienne dans les villages traversés.

   Une belle série de cartes qui, pour les membres d'UNISAHEL, évoquent  les bons moments vécus ensemble. Et surtout le talent et la personnalité de notre "Président Fondateur".

J.Gascuel





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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 21:44

   Bernardjpg-copie-1En juillet dernier, Bernard Weber nous a quitté. Bernard un membre fidèle et actif d’UNISAHEL qui, bien qu’il ne puisse plus participer aux expéditions africaines, apportait à notre Conseil d’Administration toute son expérience et sa clairvoyance. Nous ne pouvons pas publier ici les nombreux témoignages reçus  de nos partenaires africains à qui il manifestait toujours un très grand respect et une profonde qualité d’écoute. Mais nous donnons la parole à deux de nos amis qui ont partagé des missions de terrain avec lui.

   Par delà la différence de génération, une même reconnaissance se manifeste !


En visite à l’hôpital de Bamako


     En janvier 1997, au cours d’un voyage d’UNISAHEL,  j’ai pu connaître la vraie personnalité de Bernard Weber… Jusqu’alors il était pour moi le mari d’une cousine germaine de ma meilleure amie… et le père de quatre élèves - niveau collège - de l’École Alsacienne !

Au cours de ce voyage, Bernard s’est révélé un compagnon « d’aventures » simple, original, discret, infatigable, dévoué… au calme contagieux ! Mon meilleur souvenir, avec lui, fut cette visite à l’hôpital de Bamako – en pédiatrie – par une chaleur matinale africaine, accompagnés d’un chirurgien malien passionné et chaleureux. Leurs discussions professionnelles étaient riches d’enseignement pour moi et l’autre participante du voyage, la jeune Stéphanie. À le voir se pencher avec douceur et tact vers des jeunes femmes et leurs petits à problèmes, j’ai aimé cet ami baroudeur (moustache, short, pataugas à l’appui). Conclusion : s’il y un paradis, il y est !

  Nicole Hammel

 

Bernard 2

Un baroudeur invétéré...     

       Quels doux souvenirs partagés avec "Docteur Weber", "Professeur Spiruline", ce baroudeur invétéré des contrées sub-sahariennes, du temps - trop court - de nos interactions et échanges autour d'UNISAHEL. Bon vivant, jovial, érudit, puits de sciences, désinvolte, très "lui même" comme homme, je garde en mémoire tous ces bons moments partagés avec ce pro-africain, éternellement moderne, aux énormes bacchantes déjà enneigées. Un œil rieur, prévalent un esprit définitivement tourné vers les autres, à la recherche permanente de l'apport et de l'échange, un grand quoi ! Un peu émus et orphelins, Anne et moi, avec cet espoir restant de pouvoir approcher, de loin, plus tard ce qu'il nous a donné, en exemple - intemporel et intergénérationnel, bref indémodable - l'écoute version grande amplitude et si universelle. Bravo pour son vécu : Courage et témérité, à tous ceux qui resteront dans son sillon...

   Un être a part qui après douze années, m'aura définitivement marqué moi aussi !

Jean-Charles Leclerc

 




Moringa   Bernard s’est beaucoup intéressé à la spiruline, une algue aux propriétés nutritives et thérapeutiques des plus prometteuses. Il espérait promouvoir sa culture par nos partenaires et développer une étude scientifique de ses effets sur les jeunes enfants.  Mais l’entreprise était très exigeante (culture dans une eau brassée en permanence, séchage, broyage, conditionnement et suivi régulier des enfants). 

    Aujourd’hui plusieurs de nos partenaires et notamment l’AMURT se sont tournés vers a culture de Moringa, un arbre dont les feuilles semblent avoir des propriétés analogues (photo ci-contre).

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 10:45

 

  Pistes maliennes La situation au Sahel rend notre action de plus en plus nécessaire, mais elle devient toujours plus difficile. 

   Unisahel a depuis sa fondation privilégié le soutien aux associations locales que nous visitions à chaque mission pour recueillir les besoins nouveaux et nous assurer de l’efficacité de l’aide déjà apportée. L’insécurité qui règne dans cette région nous interdit aujourd’hui de réaliser ces déplacements.

   Nous avons la satisfaction de voir que de très nombreux projets sont devenus autonomes grâce, en partie, à l’action d’Unisahel. Nous continuerons à aider nos partenaires au Burkina Faso. Nous devons nous ouvrir à d’autres projets.

   L’an passé, l’École alsacienne, le Collège Pierre de Ronsard à Tremblay-en-France et le collège de Mbodiène au Sénégal ont mené en commun un projet de coopération qui s’est concrétisé, après de nombreux contacts entre élèves et professeur, par un voyage sur place pour l’inauguration d’un nouveau bâtiment au collège de Mbodiène, construit grâce aux fonds levés dans les deux établissements français.

   Cette expérience a été une totale réussite. Les échanges entre les élèves ont été nombreux et particulièrement harmonieux, les professeurs ont fait des cours en commun, le médecin de l’École alsacienne a prêté main forte au dispensaire du village… 

   Nous souhaitons qu’Unisahel prenne une part importante pour la poursuite de ce programme d’éducation au développement. Pour que de jeunes français (issus de quartiers aussi différents que Tremblay-en-France et le 6ème arrondissement de Paris) et africains coopèrent dans des réalisations concrètes. Il s’agit d’un partenariat au long cours, dans les domaines d’excellence d’Unisahel (l’éducation, le développement, la santé).

   L’assemblée générale de juin dernier a soutenu ce projet. Nous avons besoin de votre aide pour le rendre pérenne. Le collège de Mbodiène doit construire 1-Lycee.jpgsa clôture afin que les élèves et les ressources pédagogiques soient en sécurité, la construction de classes de lycées est en perspective, il nous faut prévoir une participation au voyage des élèves dont les familles ne peuvent en assurer seules la charge financière…

   Des dons réguliers permettront de poursuivre le travail déjà entrepris auprès de nos partenaires de longue date, ils rendront possible l’écriture de cette nouvelle page de l’histoire de notre association.

 

   Nous remercions tous nos adhérents pour leur aide et leur soutien constants.

Pierre de Panafieu, président

Published by UNISAHEL - dans Objectifs
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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 18:24

fillettes

La prochaine mission d’UNISAHEL aura lieu en janvier 2014, pour l’essentiel en soutien aux maisons des jeunes de l’ASECD et de la MJCA. Elle sera axée sur  le travail d’animation autour du livre et l’utilisation des documents de la bibliothèque.

En effet ces deux associations qui œuvrent dans des zones très pauvres à la périphérie de Ouagadougou,  touchent chacune plus de mille enfants. Elles ont entrepris un considérable travail social, éducatif et culturel. Et notamment de soutien scolaire, dans un contexte où la scolarisation rencontre de multiples difficultés : l’enseignement se déroule en français, langue que les familles ne pratiquent pas, ignorent même parfois ; dans des classes aux effectifs pléthoriques (une centaine d’élèves) les maîtres valorisent l’apprentissage par cœur des notions de base que les enfants ne comprennent pas toujours ;  les enfants s’expriment peu et la plupart restent passifs.

Une bibliothèque est une ressource importante pour faire bouger les choses ! 

LectriceNotre premier travail, avec les responsables des bibliothèques, sera de trier et d’organiser la collection de livres pour en faciliter l’accès. Nous essaierons ensuite de mobiliser les différents  acteurs concernés (bibliothécaires, mais aussi enseignants de maternelle, du soutien scolaire et des études surveillées, et aussi éducateurs et animateurs des activités de loisir). Nous  réfléchirons ensemble aux méthodes pédagogiques actives à explorer pour utiliser la documentation,  former les enfants et adolescents à la recherche d’informations,  privilégier l’observation et la réflexion autour des documents. Nous prévoyons des séances d’animation avec les enfants par petits groupes. Il s’agira de les faire participer : jeux thématiques, manipulations de documents pour examiner leur forme, d’analyser leur contenu (textes, illustrations). Il est important de leur donner envie d’accéder par eux-mêmes à l’information. Mais il est tout aussi  important de susciter leur curiosité,  d’éveiller leur imaginaire, de leur faire découvrir une source d’évasion et de plaisir.Lecture

 

En 2011, un important don d’ouvrages  de la bibliothèque municipale de Rouen a été attribué à la MJCA. En 2013 c’est l’ASECD, qui bénéficie d’un don de la bibliothèque municipale de Toulouse.

Mais nous avons aussi acquis et envoyé de nombreux ouvrages d’auteurs africains ou publié par des éditeurs africains, voire des documentaires sur le continent africain et ses richesses.

Pour la préparation de ces journées, différents contacts ont été pris. Nous comptons sur l’appui des responsables de l’ASECD et de la MJCA ainsi que sur la  participation effective des enseignants et animateurs concernés,  pour mener à bien cette mission.

Elle sera également l’occasion de rendre visite à quelques uns de nos autres partenaires et de conforter les liens que nous entretenons avec eux.

       

Madeleine Avrain et Anne Marinet-Redaud    

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 22:28

En zone Sahélienne la gestion de l’eau est une question de survie !
Voici le vocabulaire qui, au Burkina Faso, vous permettra de comprendre quelques uns des procédés mis en œuvre par les paysans. Ces mots, empruntés à la langue des Mossi, vous les retrouverez dans leurs témoignages, vous les entendrez si vous allez à leur rencontre.


Banka – mare creusée au point le plus bas de chaque champ pour y recueillir l’eau de pluie, éviter qu’elle ne ravine la parcelle et lui permettre d’alimenter la nappe phréatique.


Bocage sahélien (Wegoubri en Mooré) - paysage de prairies et de champs, entourées de haies vives, et planté de bois ou, plus souvent de rangées d’arbres. Les haies protègent des troupeaux errants et du vent desséchant, les arbres créent des zones d’ombre ; les uns et les autres fournissent des fruits, du bois, …


Bulli – un étang artificiel,  retenue d'eau alimenteé par la collecte des eaux de pluie, notamment celle des chemins et des routes. Il facilite le renouvellement des nappes phréatiques, et constitue une réserve d’eau pour la saison sèche (maraichage, abreuvoir pour les troupeaux ...).

 

Diguette – très petite levée de terre pour combattre les ruissellements de surface qui emportent les bonnes terres.


Puits racinaire – un trou qui ne fait guère plus d’un mètre de diamètre, mais peut descendre jusqu’à 6 mètres de profondeur, pour atteindre la couche de terre meuble située sous la latérite et permettre un bon enracinement des arbres.


Zaï – technique de culture, initiée au Yatenga, situé au nord du Burkina, dans une zone particulièrement sèche. Elle consiste à creuser des poquets en forme d’entonnoir, dans lesquels on dépose du compost avant d’y faire le semis : sorgho, maïs, etc. Cette technique a permis de doubler, voire de tripler les rendements.

 

Bouli Oct 1

Un buli dans la province du Sahel au Burkina Faso

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